Acheter une arme en ligne : les papiers à fournir et comment arrive le colis
Oui, la vente d'armes à distance est légale en France. Ce qui change en ligne, c'est la façon de prouver votre droit d'acheter. Les pièces à fournir par catégorie, les plafonds de munitions, les cinq modes de livraison et les trois pièges qui se découvrent au paiement.
Oui, on peut acheter une arme sur internet en France. Non, elle n'arrive pas dans la boîte aux lettres.
C'est la source de confusion numéro un, et elle bloque beaucoup de premières commandes. Voici comment ça se passe réellement, d'après ce que les armureries elles-mêmes publient.
Ce qu'on vous demandera, catégorie par catégorie
La vente à distance est autorisée. Ce qui change en ligne, ce n'est pas le droit d'acheter, c'est la façon de prouver que vous en avez le droit. Vous déposerez vos pièces sur un espace client, ou vous les enverrez par mail avant expédition.
Catégorie D, vente libre. Une pièce d'identité en cours de validité, et être majeur. C'est tout. Cela couvre l'air comprimé jusqu'à 20 joules, la poudre noire, les armes neutralisées, la défense non létale.
Catégorie C, soumise à déclaration. Pièce d'identité, justificatif de domicile de moins de trois mois, et surtout un titre d'acquisition valide. Ce titre peut être un permis de chasser accompagné de sa validation de l'année en cours, une licence de tir en cours de validité, une licence FFBT, une licence de ski, ou une carte de collectionneur selon les armureries. À défaut de l'un de ces titres, un certificat médical de moins d'un mois est accepté.
Catégorie B, soumise à autorisation. C'est la plus lourde, et c'est là que les commandes traînent. Il vous faudra une pièce d'identité, un justificatif de domicile récent, votre licence FFTir de la saison en cours au format badge, une capture de votre râtelier numérique ou de vos informations de connexion au SIA, et l'autorisation préfectorale de détention, accessible depuis votre compte SIA à la rubrique des démarches.
Certaines armureries demandent en plus la fiche de situation de l'arme. Une seule du répertoire publie la liste exacte avant la commande et prévoit un espace dédié pour y déposer les fichiers. Les autres vous laissent découvrir en cours de route.
Un cas particulier à connaître. Pour acheter des munitions de catégorie C dans certains calibres, dits C7, le Cerfa de l'arme vous sera demandé même si l'arme elle-même est déjà chez vous. Sont concernés notamment le 7,5x54 MAS, le 7,5x55 suisse, le 30 M1, le 7,62x51 et 308 Winchester, le 7,92x57 Mauser, le 7,62x54R, le 30-06 Springfield et le 303 British.
Les quantités de munitions ont des plafonds
Peu de sites le rappellent au moment du panier, et une commande peut être bloquée pour cette raison.
En catégorie B, à titre sportif, le plafond est de 3000 cartouches par arme sur douze mois glissants à compter de la délivrance de l'autorisation. Une personne autorisée pour raison de sécurité est limitée à 50 cartouches par arme.
En catégorie C, le plafond est de 1000 cartouches à percussion centrale pour les calibres C6 et C7, par arme. Pour tout le reste, percussion annulaire et calibres C8, il n'y a pas de limite de quantité.
Sachez aussi qu'on peut détenir 500 munitions de catégorie C sans détenir l'arme correspondante.
Comment le colis arrive
Cinq modes existent, et toutes les armureries ne les proposent pas.
Livraison à domicile contre signature. Le plus courant. L'arme part par Colissimo ou Chronopost et vous devez être présent, une pièce d'identité à portée de main. Personne d'autre ne peut réceptionner à votre place.
Retrait en magasin. Gratuit chez la plupart, et le plus simple si l'armurerie est à portée. C'est aussi l'occasion de faire monter une optique le jour même.
Retrait chez un armurier partenaire. Utile quand l'expéditeur est loin. L'arme voyage entre professionnels puis vous la récupérez près de chez vous.
Point relais. Pratique pour les accessoires, les optiques et les vêtements. Les armes et les munitions n'y vont pas.
Transporteur agréé. Réservé aux envois particuliers, notamment les poudres.
Ce que les sites ne disent pas avant la commande
Trois pièges reviennent, et ils se découvrent souvent à l'étape du paiement.
La livraison offerte qui exclut ce que vous achetez. Une armurerie du répertoire annonce le port offert dès cent euros, avec une mention discrète précisant que les armes, les cartouches et les munitions n'en bénéficient pas. Autrement dit, le franco ne s'applique pas au cœur du catalogue. Vérifiez toujours la page des frais de port plutôt que le bandeau du haut.
Les restrictions géographiques. Plusieurs maisons n'expédient ni munitions ni poudres vers la Corse et les DOM-TOM. C'est écrit, mais rarement sur la fiche produit.
Les poudres et les modérateurs de son. Les poudres partent chez un transporteur dédié, souvent plafonnées à deux kilos par acquisition et jamais hors métropole. Quant aux modérateurs, plusieurs armureries exigent le titre de propriété de l'arme qui les recevra, en plus des pièces liées à la catégorie.
Le bon réflexe avant de commander
Rassemblez vos pièces avant de remplir le panier, pas après. Une commande de catégorie B part en général sous 24 à 48 heures une fois le dossier complet, et attend indéfiniment tant qu'il manque une capture du SIA.
Vérifiez ensuite trois choses sur la page de l'armurerie plutôt que sur son bandeau promotionnel : les frais de port réels sur la catégorie de produit qui vous intéresse, les zones desservies si vous n'êtes pas en métropole, et le mode de retrait proposé.
Enfin, si vous commandez une optique en pensant repartir avec l'arme réglée, assurez-vous que l'armurerie propose ce service. Toutes ne le font pas, et l'une d'elles le refuse même par principe.
Les éléments réglementaires de cet article reprennent ce que les armureries françaises publient elles-mêmes sur leurs pages de législation. La réglementation évolue et son application peut varier selon les préfectures : confirmez toujours auprès de votre armurier avant de commander.